L’évolution du monde pousse l’Union européenne à se concevoir comme un acteur géopolitique mais elle a du mal à se doter des instruments de la puissance, voire à utiliser les outils dont elle dispose déjà. Les partis eurosceptiques ont nourri leur croissance d’une critique contre les transferts de souveraineté nationale au niveau de l’Union et dénoncent l’incapacité de celle-ci à défendre les Européens. L’UE est aujourd’hui appelée à devenir elle-même une véritable puissance face à d’autres puissances de plus en plus agressives, alors que même l’allié américain se comporte à son égard de manière souvent hostile. Les partis eurosceptiques, dans ce contexte, doivent arbitrer entre, d’une part, leurs critiques systématiques contre l’intégration européenne et certaines proximités idéologiques avec les discours venant de Moscou ou désormais de Washington, et, d’autre part, la demande des opinions publiques que l’Europe soit plus forte, notamment en matière de défense, pour faire valoir ses intérêts et ses valeurs.
